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Interview de Chireads

Il existe sur internet des plateformes qui se font une joie de traduire des œuvres asiatiques en français pour notre plus grand plaisir. C’est le cas de Chireads, qui a accepté de répondre à cette interview pour vous parler de leurs projets et donner leurs avis sur les Light Novels et les Web Novels.

Pouvez-vous présenter votre plateforme aux lecteurs ?

La communauté Chireads a été lancée par quelques fans de Novels entre la Chine et la France en 2017, nous avons débuté avec quelques Novels, en accord avec leurs auteurs, essentiellement des best-sellers, toujours publiés sur le site aujourd’hui : Relâchez cette Sorcière et Bataille à Travers les Cieux. D’autres fans nous ont rejoints depuis avec leur propre choix de Novels.

 Pourquoi choisir de traduire des web Novels et des Light Novels en français ?

Tout naturellement pour partager notre passion avec tous nos amis francophones, dans le monde entier. On aimerait aussi développer d’autres langues européennes bien sûr mais le français est notre  langue privilégiée et aussi une très belle langue appréciée même en Chine ou elle commence à être enseignée à l’école.

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Comment et quand avez-vous décidé de créer votre plateforme en France ?

Nous avons lancé la communauté en 2017 sur un blog qui ne se nommait pas encore Chireads à l’époque, pour tous les francophones.

Sur quels critères vous basez-vous pour choisir les Light Novels à publier ? Comment se fait le choix final ?

Le choix du Novel est fait en général par le fan-traducteur ou le checkeur lui-même, car c’est avant tout son choix de partager un de ses Novels favoris. Il faut avant tout apprécier l’œuvre pour trouver la motivation afin de la partager. Nous en discutons entre nous mais cela reste son choix.

Vous publiez des Light Novels écrits par des écrivains français, comment choisissez-vous les manuscrits ? Quels sont les critères ? Comment vous contacter ?

Forte de son succès, la plateforme s’est ouverte plus récemment aux œuvres d’auteurs indépendants, amateurs ou professionnels, pour proposer une nouvelle fenêtre de publication. Seuls les lecteurs jugent réellement des contenus publiés, il n’y a aucun comité de sélection spécifique, mais évidemment, les contenus doivent rester sains – pas de pornographie ou violence à outrance. Certains avertissements peuvent être notifiés en page d’accueil du roman si besoin. Pour nous joindre : Hero@chireads.com

 Quelle est la position de votre plateforme par rapport au livre papier ? Allez-vous publier des livres papier en France ?

En partenariat avec des maisons d’édition françaises, nous proposerons très prochainement des éditions papier de certaines œuvres. Nous agissons dans ce cas comme un intermédiaire entre différents pays pour proposer aussi aux réseaux de distribution classiques certains best-sellers, de chine plus particulièrement pour l’instant.

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À titre personnel, quel Light Novel ou Web Novel recommanderez-vous comme première lecture à un lecteur français ?

Difficile d’en choisir qu’un seul, mais personnellement, j’aime bien proposer à un nouvel arrivant Le Monde des Arts Martiaux et son protagoniste Lin Ming, car cette série offre à la fois l’action et les codes des éléments et des énergies, des valeurs de l’’artiste martial’, des univers fantastiques de plusieurs dimensions et niveaux d’évolution, propres au genre de beaucoup des Novels de Chine. La lecture est également très fluide, ce qui nous permet d’envisager très sérieusement sa publication papier comme première amorce du travail effectué avec les réseaux de distribution classiques.

Si vous pouviez choisir un Light Novel/Web Novel à éditer absolument, lequel serait-ce et pourquoi ?

Pour toutes les raisons évoquées précédemment, Le Monde des Arts Martiaux, évidemment^^

Comptez-vous traduire d’autre Light Novel et Web Novel asiatique comme Coréen ou Japonais ?

Depuis le début de l’aventure, certains passionnés ont fait le choix de publier leur traduction amateur de Novels coréens, comme Kill The Hero, ou japonais, avec Éminence des Ombres. C’est enrichissant de s’ouvrir et pourquoi pas à l’avenir mettre en avant des œuvres de nouveaux horizons comme nous le faisons avec les auteurs d’œuvres originales.

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Pouvez-vous nous présenter vos toutes dernières publications ?

Avec plaisir ! Nous venons de publier « L’Origine », une œuvre originale de 88-Secrets, qui nous propose son univers inspiré des romans de ‘cultivation’ (la culture d’arts martiaux en quelque sorte), ou comment forger son corps et son esprit dans un univers assez redoutable !
Mais comme nous ne voulons pas nous limiter à de la ‘cultivation’ nous sommes heureux d’accueillir aussi Monoï, qui nous propose sa fan-traduction : « Il Est à Moi, Aucune Objection Autorisée » avec donc une touche sans doute plus romantique !

Où peut-on trouver vos livres ?

Pour le moment, sur Chireads.com ; et prochainement en librairie et sur Kindle. Nous vous informerons des prochaines sorties.

Comment, voyez-vous votre entreprise dans 1 an ? 5 ans ?

D’ici un an, la communauté aura encore grandi et certains contenus se détacheront davantage. Nous continuerons de proposer des nouveautés à travers nos réseaux et nous proposerons à nos partenaires éditeurs de les publier. D’ici 5 ans, plusieurs œuvres auront été reconnues et les échanges interculturels nous permettront de créer et d’adapter de nouveaux contenus sous différents formats tout en conservant le site, bien entendu !

Merci, pour vos réponses. Avez-vous un dernier mot pour la fin ?

Merci à vous pour l’intérêt porté envers notre petite communauté. Vous pouvez nous rejoindre aussi sur Discord. Bonne lecture !

Vous pouvez les retrouver via ces différents liens :

Les points importants à vérifier dans le cas d’un contrat d’édition

Enfin, votre manuscrit a tapé dans l’œil d’une maison d’édition. Un contrat est à la clé. Mais avant de signer et fêter ça, il faudra bien le lire et vérifier certains points pour éviter de vous faire rouler dans la farine.

Sachez déjà qu’aucune maison d’édition ne doit vous demander de l’argent pour publier un livre. Si c’est le cas, ce n’est pas une maison d’édition qui a fait appeler à vous, mais un service. La publication via un contrat d’édition doit être gratuite. Je vous conseille de lire cet article sur les différentes maisons d’édition avant de lire la suite.

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La durée

Quand vous signerez votre contrat, vous serez lié à un éditeur pour une période donnée. Parfois, il n’y a pas de précision, ce qui équivaut à dire « pour la durée de la propriété littéraire telle qu’elle résulte des lois tant françaises qu’étrangères et des conventions internationales, actuelles et futures », soit actuellement, 70 ans après la mort de l’auteur.
Mais souvent la durée y apparaît clairement, ça peut varier entre 2, 5, 10 ou 25 ans.

En tant qu’auteur, il faut mieux minimiser cette durée, car pour certaines raisons vous pouvez choisir de publier dans une autre maison d’édition. Dans ce cas, il faudra attendre le temps indiqué dans le contrat pour avoir le droit de le faire.

Attention : À l’heure actuelle, il existe un type d’arnaque en provenance de « fausses » maisons d’édition qui prône les contrats à compte d’auteur. Celle-ci consiste à faire signer aux auteurs des contrats abusifs pour pouvoir ensuite négocier avec eux le rachat de leurs droits à des sommes exorbitantes. Résultat, vous devrez acheter le droit de publier votre propre livre en toute liberté.

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La rémunération

Les à-valoir

Les  à-valoir sont le montant que vous donnera la maison d’édition bien avant que vous ayez vendu un seul livre ou même terminer d’écrire votre œuvre. C’est un grand signe de confiance, mais également que l’entreprise est solide financièrement.
Attention, ce montant n’est pas une prime ou un cadeau, c’est juste une avance sur vos futurs droits d’auteur, il faudra donc les rembourser.
Sachez que c’est très rare d’avoir un à-valoir sur un premier contrat. Si vous n’en avez pas, vérifiez que d’autres éléments sont proposés en compensation.

Les droits d’auteur

Ne vous attendez pas à un gros pourcentage. En moyenne les droits d’auteur s’élèvent entre 2 % à 8 %. Il arrive dans certains cas qu’ils atteignent 12 %, mais c’est vraiment très rare. Il faut également savoir que dans le cas d’un recueil écrit par plusieurs écrivains cette somme sera divisée par le nombre d’auteurs ou de textes présents.
Certaines maisons d’édition proposent un taux de rémunération progressif par rapport au nombre de vente ou de tirage, par exemple :
– 5 à 8 % pour un premier tirage.
– 9 à 10 % pour un deuxième tirage.
– 11 à 12 % pour un troisième tirage.
Je vous conseille de prendre cette solution. En effet l’éditeur dès le deuxième tirage à déjà rembourser le livre, donc il est normal que l’auteur soit mieux rémunéré.

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Le tirage

Le tirage, c’est le nombre d’exemplaires prévus par l’éditeur. Les petites maisons d’édition favorisent en général un premier tirage entre 50 à 200 exemplaires. Parfois, ils font à la demande.
 Vous vous en doutez, plus un éditeur fait de tirages, plus il voudra les vendre pour rembourser son investissement. Si vous avez une communauté qui vous suit, n’hésitez pas à le dire à la maison d’édition pour lui donner envie d’imprimer plus de livres.

Les exemplaires auteurs

Dans le contrat, vous trouverez souvent le nombre d’exemplaires offerts à l’auteur par la maison d’édition. Ceci peut varier entre 1 à 3 exemplaires pour les petites maisons d’édition.
Il y aura également un passage indiquant à quel prix vous pourrez vous procurer des ouvrages supplémentaires pour les vendre vous-même. La déduction peut aller de 70 % à 20 %. Ceci varie beaucoup d’une maison d’édition à l’autre. Notez que les frais d’envoi doivent être à la charge de l’éditeur.
Si vous faites beaucoup de salons et avez l’habitude de vendre vos livres vous-même, vous devez vraiment négocier une importante remise.

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 Les droits cédés

N’oubliez pas, en signant un contrat, vous donner tous les droits à l’éditeur concernant votre texte. Il n’a certes pas le droit de modifier celui-ci, mais il peut en faire ce qu’il veut. Il peut le laisser dans un tiroir, ou prendre plusieurs années pour le publier.
C’est lui, qui choisira de le corriger, de l’habiller et de le diffuser. Souvent, vous n’aurez que quelques nouvelles épisodiques ou aucune nouvelle. Ce qui m’est souvent arrivé et m’a amenée à me mettre à l’auto-édition.

Le contrat typique prévoit que vous cédiez également vos droits pour une exploitation numérique de votre livre. Le montant du droit d’auteur s’élève entre 50 à 70 % car les frais sont moindres que pour la publication papier.
Si vous avez des connaissances dans la vente en ebook et que la maison d’édition n’en a aucune. Il faut mieux essayer de récupérer vos droits sur le format numérique et ventre, de votre côté, votre livre en version ebook.

Les produits dérivés

En général, il n’y en a pas, surtout pour les premiers contrats et les petites maisons d’édition. J’ai rencontré ce cas que dans une seule maison d’édition. Le plus souvent, ils utilisent un formulaire tout prêt avant de mentionner le type de produit, ça peut aller au droit cinématographique, à la création de jouets.
Si vous jugez que votre livre deviendra le prochain best-seller, ne donnez pas tous vos droits à un tiers. Ou alors, réclamez un pourcentage égal entre l’éditeur et vous, soit 50/50.

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Le format et la promotion

En général, c’est du ressort de l’éditeur. C’est lui qui doit choisir un illustrateur pour faire la maquette de votre couverture, ou qui décide du calendrier de publication.
Néanmoins, il m’est arrivé de croiser la route de maison d’édition où je devais presque tout faire. Un conseil, fuyez ces maisons d’édition. Si vous devez faire votre livre de A  à Z, autant le faire en auto-edition.
Il est ainsi grandement conseil de négocier un droit de véto, surtout au niveau de la couverture de livre. De même, pour les textes promotionnels.

Dernière chose, vérifiez qu’un échéancier le moins approximatif possible figure dans le contrat concernant la date de publication de votre titre. N’acceptez surtout pas une publication de plus de 12 mois après la signature du contrat.

Le droit de préférence

Ceci est connu comme être une clause abusive, et pourtant même des maisons d’édition réputées y ont recours. Ceci consiste à vous obliger à présenter systématiquement vos manuscrits futurs à votre éditeur actuel avant tout démarchage auprès d’autres maisons.
À la base, l’idée n’est pas de vous escroquer. Le but de l’éditeur, c’est d’éviter que l’auteur sur lequel il a misé soit ensuite débauché par de plus grandes maisons d’édition. De ce point de vue, la démarche se comprend.
Mais du côté de l’auteur, il peut être vu comme des chaînes. Surtout si la relation avec la maison d’édition se passe mal.
En bref, pas besoin d’une telle clause. Si l’éditeur crée une relation de confiance avec vous, c’est tout naturellement que vous confiez vos futurs manuscrits. Demandez donc qu’elle soit retirée.

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La reddition des comptes

La maison d’édition s’engage à vous payer vos droits d’auteur en fonction d’un échéancier soit :
– Une fois par an.
– Deux fois par an.
– À chaque trimestre.
Elle doit aussi s’engager à faire preuve de transparence concernant les ventes de vos livres.
 Personnellement, je préfère un paiement trimestriel, c’est plus rassurant et permet de bien suivre la vente de ses livres.
Malheureusement, c’est une partie où vous avez peu de marge de manœuvre. Toutefois, essayez quand même de négocier un paiement plus fréquent qu’une fois par an, surtout si vos droits d’auteur sont peu élevés.

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En conclusion

Sachez qu’un contrat se négocie. Il ne faut pas tout accepter sous prétexte qu’il s’agit de votre premier contrat.
Il est peu probable que la maison d’édition refuse de vous publier si vous faites quelques demandes de réajustement. Ils demanderont certainement de faire des concessions, ce qui est normal.
Il faudra également vous montrer compréhensive de votre côté et ne pas demander l’impossible.
Prenez surtout en compte ce qui vous tient à cœur.

Si vous avez un doute sur la régularité du contrat, sachez qu’il existe un modèle de contrat d’édition type, rédigé par la SGDL (la Société des Gens de Lettres) qui aborde tous les points essentiels. Je vous conseille d’y jeter un coup d’œil. Ainsi que le contrat d’édition équitable proposé par la Ligue des Auteurs Professionnels.

Lisez aussi les témoignages d’autres auteurs, surtout au niveau de leur impression et traitement au sein de maison d’édition. Certains avis sont de bon conseil et permettent de voir les bonnes et mauvaises maisons d’édition.

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Interview de la LaNovel Édition

Les maisons d’édition qui publient des Light Novels sont pour le moment très rare en France. Mais ils en existent. C’est le cas de LaNovel Édition, qui a accepté de réponse à cette interview pour vous parler de leurs projets et donner leurs avis sur les Light Novels.

Pouvez-vous présenter votre maison d’édition ?

LaNovel Édition est une nouvelle maison d’édition spécialisée dans le Light Novel japonais. Nous avons créés cette société il y a un peu moins d’un an. Notre spécificité est de vouloir mettre en avant le format numérique en publiant nos titres un mois avant de sortir le livre papier.

Pourquoi choisir de publier des Light Novels, au lieu de mangas ou de romans ?

C’est un milieu encore naissant, incertain, de niche, un vrai challenge en soit. L’offre se résume à nos confrères d’Ofelbe et quelques éditeurs manga. C’est d’autant plus triste qu’il s’agit d’un marché où il y a une très forte demande de la part des lecteurs.
Nous avons l’ambition d’apporter quelque chose aux gens, de nous sentir vraiment utile. C’est donc sur ce postulat que nous nous sommes lancés dans le Light Novel.

Comment et quand avez-vous décidé de créer votre propre maison d’édition ?

Pour faire écho à la question précédente, c’est parce que nous sommes avant tout des lecteurs de Light Novel et amoureux de culture japonaise en manque de nouvelles lectures, et avec une envie toujours plus grande de découvrir le format original de nos adaptations manga et animées préférées.
Nous avons décidé de prendre notre destin en main et de proposer une offre supplémentaire pour tous les passionnés et les lecteurs. Il aura fallu 1 an de préparation pour en arriver là.

Sur quels critères vous basez-vous pour choisir les Light Novels à publier ? Comment se fait le choix final ?

Nous puisons dans les propositions de notre communauté. Pour cela nous avions lancé en septembre 2019 un sondage où chacun pouvait proposer ce qu’il voulait lire. Et un canal dédié sur notre Discord a été créé, pour débattre des licences avec nous et donner notre avis.
Ensuite un point est fait en réunion sur les propositions et nous déterminons les licences qui plaisent le plus et colle le mieux avec notre ligne éditoriale.
Aucune proposition n’est rejetée que ce soit un LN exclusif au Japon ou une grosse licence déjà traduite dans plusieurs langues. C’est un travail régulier qui permet de rester en contact avec les maison d’édition japonaises pour échanger avec elle autour des diverses licences.
Actuellement nous travaillons sur 6 projets.

Quelle est la position de votre maison d’édition par rapport au numérique ?

Le marché du livre numérique est en pleine expansion, mais le Light Novel semble manquer d’exposition auprès des lecteurs malgré la disponibilité des titres.
Nous avons voulu nous lancer dans le numérique pour deux raisons :
– Développer ce marché complémentaire au livre.
– Donner une alternative aux petits budgets en offrant la possibilité de lire sur son smartphone, tablette, PC ou liseuse avec des livres numérique à prix raisonnable.

À titre personnel, combien de Light Novel (ou Web novel) lisez-vous par an ?

Depuis que nous travaillons sur LaNovel, la société est gérée sur notre temps libre à côté de notre travail “de jour”. De ce fait, notre temps disponible pour nos loisirs, et donc la lecture a drastiquement diminué.

Alex : Le plus gros de ma lecture est tourné vers le manga, dont je suis friand depuis près de 10 ans. J’ai aussi un très gros penchant pour la littérature Fantasy/SF française et américaine de manière générale. Sans parler de mon fanatisme évident pour Lovecraft. Pour ce qui est du Light Novel, je me contente de lire ce qui se trouve dans le commerce en France. N’étant pas un grand adepte de l’anglais, et ayant de grandes difficultés à m’immerger dans un livre anglophone, j’en ai une expérience malheureusement réduite.

Aurélien : Je suis avant tout un gros consommateur d’animés et de mangas. Ce n’est que lorsqu’une œuvre me plaît beaucoup, que je vais me pencher sur le light novel qu’elle adapte. Sur une année, cela doit donc représenter quelques tomes environ.

Elezdiel : Je lis énormément de livres et de mangas (le tout cumulé, je dirais une centaine) et je me suis mise aux lights novels l’année dernière. C’est un genre qui relie très bien les deux milieux. Il allie les points forts du manga à travers un cadre posé par les images qui parsèment l’œuvre, et celui du roman par l’histoire qui rentre davantage dans des détails et apporte une compréhension plus poussée de l’univers que l’auteur souhaite mettre en avant.

Cédrik : Tout comme Aurélien, je suis un consommateur d’animés et mangas. Mais comme de nombreuses adaptations viennent du monde des Light Novels, j’ai commencé à m’y intéresser de plus en plus car les histoires sont souvent plus développées. Je lis en moyenne une dizaine de volumes.

Greg : Je suis un gros lecteur de manga, de LN et de romans. J’achète pratiquement toute la production française en LN plus quelques séries que je lis en anglais, donc je dirais entre 20 et 30 LN dans l’année.

Julien : Je lis par alternance mangas et LN, peut-être pour éviter la lassitude. Je suis un gros consommateur de livres électroniques de part les déplacements quotidiens que je fais à travers la France. Je lis entre 15 et 20 LN par an.

Comment avez-vous connu les Light Novels ?

Alex : C’était à mes tout débuts de journalisme spécialisé japanimation. Je voyais la mention “origine : Light Novel” sur les fiches animé. En creusant le sujet, je suis tombé dedans. Et bien évidemment je n’en suis jamais ressorti.

Aurélien : Lorsque j’ai regardé l’animé de Spice & Wolf, cela a été un tel coup de cœur que je n’ai pas pu m’empêcher de me procurer les tomes édités par Yen Press. J’en ai profité pour faire de nets progrès en anglais, avant que la série ne soit éditée en France par Ofelbe et que je redémarre ma collection.

Elezdiel : Par hasard en librairie. Les couvertures m’intriguaient et étant une férue de mangas, je me suis tout naturellement dirigée vers ce type d’ouvrage.

Cédrik : J’ai connu les Light Novels grâce à l’anime Black Bullet, la série s’est arrêtée trop brutalement et m’a laissé sur ma faim. En 2015, l’éditeur Yen Press a sorti l’œuvre et j’ai pu ainsi découvrir la suite de l’histoire d’Enju et Rentarô.

Greg : Mon premier LN était les 12 royaumes mais je ne savais pas encore ce qu’était un Light Novel. Puis les 1ers ont vraiment été SAO et Spice&Wolf.

Julien : J’ai découvert les LN en cherchant la suite de Spice&Wolf. Je me suis tourné vers les premiers volumes. J’ai très vite suivis sur SAO juste après avoir vu la première saison de l’animé.

Si vous pouviez choisir un Light Novel à éditer absolument, lequel serait-ce et pourquoi ?

Alex : Question bien difficile. Je dirais Tagatame No Alchemist, un LN venant d’un de mes jeu mobile préféré, The Alchemist Code.

Aurélien : Sans hésiter, ce serait Rokka no Yûsha. Il s’agit d’une des œuvres les mieux ficelées que j’ai pu lire, avec une véritable maîtrise de la narration et de la tension. Malheureusement, l’auteur n’ayant plus sorti de tomes depuis plusieurs années, ce serait compliqué à éditer en France, ne serait-ce que d’un point de vue économique.

Elezdiel : Ce serait vraiment pour mon petit plaisir personnel mais je suis une grande fan de Vision d’Escaflowne. Je serais ravi de le voir en librairie en Light Novel dans une édition de luxe avec les images misent en avant et de jolies goodies. Travailler dessus serait un bonheur.

Cédrik : Un seul, c’est compliqué… Mais si je dois en choisir qu’un, ce serait Hamefura (Bakarina pour les intimes). Ma fille et moi avons adoré son adaptation animée. Alors travailler sur cette œuvre et le proposer au public français me comblerait de joie.

Greg : Je choisirais après réflexion Toradora qui est un des meilleur RomCom de ces dernières années.

Julien : No Game No Life, l’histoire est dingue … Se dire que l’on peut résoudre des conflits par le jeux je trouve cela magnifique. L’univers est coloré le caractère de Shiro et Sora totalement déjanté.

Pouvez-vous nous présenter votre dernière publication (un indice pour celle future) ?

Infinite Dendrogram, la serie a débuté sous la forme d’un web novel lançé en 2015, et a été publié par Hobby Japan quelque temps plus tard. Elle est fortement appréciée au Japon et dans le monde anglophone grâce à J-Novel Club. Plus de 500 000 exemplaires ont été vendus, ainsi que deux adaptations en manga et en série animée.
Infinite Dendrogram a été N°1 par BookWalker Japan en 2017 dans la catégorie nouveau Light Novel, et 3e place par le public dans le très célèbre Kono Light Novel ga Sugoi! En 2018.
L’oeuvre a pour thématiques le VRMMO, la Fantasy et la Science Fiction.

Synopsis :
Le 15 juillet 2043, sortait le VRMMO immersif « Infinite Dendrogram » intégrant « l’Embryo ». Un système unique se développant en une infinité de variétés selon chaque joueur.
S’appuyant sur des prouesses techniques qui étaient jusque-là inaccessibles aux VRMMO, « Infinite Dendrogram » est devenu en un clin d’œil un phénomène mondial.
Mukudori Reiji débute sa vie à Tokyo après avoir réussi ses examens d’entrée à l’université et, pour célébrer la fin de sa longue période de révision, décide de lancer le jeu afin d’y rejoindre son frère…

Infinite Dendrogram est disponible en version numérique sur Amazon kindle, Kobo et Google livres, et en version papier sur commande en librairie ainsi que sur le site internet lanovel-edition.fr
Pour notre prochain titre, c’est encore trop tôt pour le dire. Nous sommes toujours en cours de négociation pour plusieurs titres.

Où peut-on trouver vos livres ?

Nos titres version papier sont disponibles sur notre boutique en ligne, et les libraires ont la possibilité de commander directement.
Cependant, soutenez vos librairies de quartier et n’hésitez pas a commander vos livres chez eux en priorité. Il s’agit d’un maillon vital pour la chaîne du livre. C’est grâce à leur passion et leur détermination et leurs conseils avisés que beaucoup de personnes lisent.
Pour nos titres en version numérique, ils sont sur Amazon Kindle, Kobo et Google Livres.

En ce moment en France, le marché des Light Novels est compliqué. Comment voyez-vous son avenir ?

Malgré son jeune âge, le marché du Light Novel semblait s’essouffler en 2019. Un manque flagrant de renouveau que 2020 est censé apporter. Il semblerait que de belles choses soient à prévoir. Si tout n’a pas été trop bouleversé par de la crise sanitaire.

Comment, voyez-vous votre maison d’édition dans 2 ans ? 5 ans ?

Notre objectif à court et moyen terme est une expansion rapide avec une augmentation significative de sorties d’une année sur l’autre. Mais cela dépendra en partie du succès rencontré par Infinite Dendrogram.

Merci, pour vos réponses. Avez-vous un dernier mot pour la fin ?

Lisez des Lights Novel, lisez des mangas, regardez des animés. Faites vivre cette passion qui nous unit tous. Mais surtout, faites-vous plaisir et n’hésitez pas à vous plonger dans des œuvres différentes en sortant de votre zone de confort. Garder un esprit ouvert est bon pour la santé.

Vous pouvez les retrouver via ces différents liens :

Interview d’Aurélien Martinez – Directeur éditorial de Mahô Éditions

Il existe en France des maisons d’édition qui ont fait le choix de publier des Light Novels et de les faire connaitre. C’est le cas de Mahô Éditions, qui a gentiment accepté de répondre à cette interview et vous dévoiler tous leurs secrets.

Pouvez-vous présenter votre maison d’édition aux lecteurs ?

Aurélien : C’est simple : Mahô éditions est une maison d’édition de Mangas et de Light Novels. La particularité, c’est qu’on fait aussi de la création originale comme pour notre premier titre : Les Enfants de Gorre. On va donc contacter les ayants-droits pour acheter des titres, mais aussi rechercher des auteurs et illustrateurs pour nos propres créations.

Pourquoi choisir de publier des Light Novels?

Aurélien : C’est un format que j’apprécie beaucoup. C’est rythmé, facile à lire et les illustrations sont magnifiques. C’est donc avant tout une question de goût et un choix du cœur. Cela m’a mené à un constat : « c’est dommage que le LN ne se développe pas en France ». Quelques grands titres sont ensuite arrivés en France grâce à Ofelbe, mais la concurrence ne se pressait pas pour emboiter le pas. Quand j’ai décidé de me lancer dans l’édition, je me suis naturellement dirigé vers le Light Novel. A l’origine, Mahô éditions n’était qu’une maison d’édition de Light Novel. C’est seulement après avoir rencontré mon associé Jeremy qu’on a décidé de faire du manga.

Vous publiez des Light Novels écrits par des écrivains français, comment choisissez-vous les manuscrits ? Quels sont les critères ? Comment vous contacter ?

Aurélien : Déjà en les lisant ! Ahahah ! Plus sérieusement, quand on crée une maison d’édition, on reçoit beaucoup de demandes de la part d’auteurs (de proches, d’amis, d’amis d’amis). Lorsqu’on a annoncé la maison sur les réseaux sociaux, on est passé à un autre stade et actuellement on tourne entre deux à trois demandes par semaine avec par ailleurs beaucoup de romans. On n’a pas forcément de critères ou de styles particuliers. On recherche des histoires intéressantes, qui nous plaisent et surtout qui soient bien écrites/dessinés. Malgré tout, si un auteur veut avoir plus de chances que son manuscrit soit retenu, il faut envoyer un dossier complet et joli : présentation générale, personnages, synopsis, le squelette de l’histoire, etc. C’est un conseil que je donne pour Mahô éditions, mais qui est valable pour toutes les maisons d’éditions. Pour nous contacter à ce sujet, nous avons une adresse mail : manuscrits@maho-editions.fr.

Quelle est la position de votre maison d’édition par rapport au numérique ?

Aurélien : Par principe, tous nos titres ont vocation à être disponible en version numérique. Pour notre cas, les Light Novels ont plus vocation à être sur des plateformes généralistes (Kobo, Kindle, google, etc.) tandis que les mangas vont être présents davantage sur des plateformes plus spécialisées BD-Mangas… Un choix très classique en somme.

A titre personnel, combien de Light Novel (ou Web novel) lisez-vous par an ?

Aurélien : Je ne compte pas vraiment à vrai dire… Quand on devient éditeur, on lit beaucoup, mais pas forcément pour le plaisir. Donc on a envie parfois de changer d’air et on compte plus notre pile-à-lire de la même façon. Je prends l’exemple des mangas, mais je dois en lire une dizaine par semaine, mais seulement moins de la moitié pour le plaisir. C’est pareil pour le LN avec des ratios un peu moins grands.

Comment avez-vous connu les Light Novels ?

Aurélien : Houlà… Je dirais que le premier a été la version Web Novel de Sword Art Online. J’étais déjà un grand fan de mangas et d’animes, mais quelques années ont passées avant que je me décide à sauter le pas du LN. Depuis il y en a eu beaucoup d’autres.

Si vous pouviez choisir un Light Novel Japonais à éditer absolument, lequel serait-ce et pourquoi ?

Aurélien : Ce n’est pas à proprement parlé un Light Novel, mais un roman qui a eu de multiples adaptations en mangas et animes. Sans une once d’hésitation, ce serait Les Héros de la Galaxie de Yoshiki Tanaka. C’est un monument de la Japanime, une histoire extraordinaire à base de complots, politiques et batailles stellaires. Un excellent roman de science-fiction. L’avenir nous dira si un jour il arrivera dans notre contrée !

Pouvez-vous nous présenter vos toutes dernières publications ?

Aurélien : Notre premier titre Les Enfants de Gorre est un Light Novel écrit par Sylvain Ferrieu et Navigavi. C’est une création originale qui porte sur la légende du roi Arthur. On y suit l’histoire de trois frères qui vivent dans le royaume de Gorre au nord de la Bretagne. Ils vont devoir faire face aux bouleversements qui vont secouer le pays avec l’arrivée d’Arthur. Le Hic ? Ils ne sont pas forcément du bon côté de l’histoire… Et je ne dirais rien de plus sur l’histoire ! C’est un livre qui se lit assez facilement. Ça bouge : il y a de l’action, des complots et on ne s’ennuie jamais. Le livre est sorti le 26 juin et est donc déjà disponible dans vos librairies. Il est également disponible au format numérique.

En ce moment en France, le marché des Light Novels est compliqué. Comment voyez-vous son avenir ?

Aurélien : Ce n’est que mon avis, mais à mon sens, le marché des Light Novels est encore embryonnaire. Il est donc trop tôt pour dire qu’il s’agit d’un marché compliqué : le Light Novel a à peine 10 ans en France, la concurrence y est encore peu présente, l’offre est faible et le public peu connaisseur. Mais, c’est un marché qui évolue ! Petit à petit, les maisons d’édition s’ouvrent à ce format et mécaniquement, les libraires commencent à s’y intéresser aussi. Je pense que le format va aussi se développer davantage pour deux raisons : premièrement, car le public, désormais habitué aux mangas, voudra étancher sa soif d’univers étendu et de style japonisant. Deuxièmement, car le Light Novel touche un public plus large qui est celui du livre jeunesse et adolescent. 

Comment, voyez-vous votre maison d’édition dans 2 ans ? 5 ans ?

Aurélien : Vivante déjà ! Ce serait la meilleure des choses à concrétiser. Comme beaucoup de monde dans ce milieu, on est des passionnés donc on souhaite pouvoir proposer toujours plus de nouvelles séries ! Si en plus, ce sont des créations originales, c’est encore mieux ! Et si elles ont du succès, ce serait parfait !

Merci, pour vos réponses. Avez-vous un dernier mot pour la fin ?

Aurélien : Merci pour cet interview et merci aux lecteurs ! Ce sont eux les vrais héros et les meilleurs ambassadeurs du Light Novel ! 

Vous pouvez retrouver Mahô éditions via ces différents liens :