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Livre de recettes Ring Fit Adventure

Le premier livre de recettes de l’année sort le 14 juin, il aura comme thème : Ring Fit Adventure.
Pour ceux qui ne connaissent pas Ring Fit Adventure est un jeu vidéo développé par Nintendo EPD  et édité par Nintendo sur Switch.
Dans ce jeu, vous faites du sport tout en vivant une aventure pour combattre le terrible Drago. Vous aurez ainsi à combattre plusieurs monstres dans un système RPG.
Vous pourrez aussi boire de nombreuses boissons, comme des Smoothies pour vous aider dans votre quête.

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Que trouve-t-on dans ce livre ?

Vous l’aurez compris, les plats principaux de ce livre sont les Smoothie. D’ailleurs, vous trouverez beaucoup de boisson et très peu de plat, car le jeu tourne autour de ça.
Toutefois, il y a quand même 60 recettes, dispersées dans 5 catégories, soit :
— Smoothie
— Soupe
— Lait & milk-shake
— Soda
— Boisson chaude.
Comme d’habitude chaque recette à sa photo et ses conseils. Ceux-ci sont ailleurs plus tournés vers le sport et la nutrition.
Sachez que le design du livre suit celui du jeu vidéo. Les illustrations sont même inspirées des paysages du jeu.
Serez-vous capable de les reconnaître ?

Où trouver le livre ?

Vous pouvez commander le livre via deux canaux, soit :
Directement sur la boutique.
Ou sur Amazon.
Par contre, vous trouverez que la version papier. Cette année, j’ai décidé d’arrêter les Ebook, car le format n’est pas adapté pour les livres de recettes qui sont trop graphiques. La plupart des liseuses rendant le livre illisible ou moche. Seul le PDF permet une lecture fluide et agréable, la version Ebook se trouvera donc unique dans ma boutique.

Vous pouvez aussi retrouver certaines des recettes de smoothies venant de Ring Fit Adventure sur le blog.
En voici la liste :
Smoothie aux épinards de Ring Fit Adventure
Smoothie aux sésames de Ring Fit Adventure
3 smoothies de Ring Fit Adventure (banane/fraise/raisin)
Je vous invite également à jeter un coup d’œil à l’extrait disponible gratuitement. Il vous permettra de vous faire une idée du style de l’ouvrage.
Bonne lecture.

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Alter Reality Chap.14 : POV Vick

Voici le chapitre 14 du tome 1 de mon Light Novel Alter Reality.
Toutes les semaines, un chapitre sera posté. N’hésitez pas à donner votre avis.


Vick – La banque

Si on m’avait dit que ça arriverait un jour. Mon Altereur était fichu… Il était mort.

Dire que j’ai économisé des mois pour le payer. J’ai pris soin de lui avec amour.

Pourtant, aujourd’hui, il a été bousillé par les glaires nauséabondes d’un dragon à la tête atrophié.

Tout en faisant les cent pas, je soupirais. Rien qu’en regardant le cadre de mon Altereur, j’avais envie de taper contre les murs. Ma sœur avait maintenant l’excuse parfaite.

— « Pas Altereur, pas de sortie ».

Rien que cette phrase me faisait grincer des dents. Je ne pouvais que tourner en rond.

— Vick, tu pourrais arrêter ça ?

— Quoi !

Je répondis brusquement à Jimmy, qui me sourit nerveusement. Je savais qu’il ne disait pas ça pour être méchant. Mais puisqu’il était là, autant qu’il serve à évacuer ma colère.

— Depuis que Kate est partie, tu n’arrêtes pas de trottiner derrière moi. Ça me stresse, j’ai besoin d’être concentré.

—…… Désolé… Je… Arf !!

Aussitôt, je tapai du pied, fronçant des sourcils.

— Je ne peux plus me battre avec elle, ça m’énerve.

Surpris, Jimmy me regarda.

— Tu as un problème avec ton Altereur ?

— Oui !

Je soupirai de nouveau et tendis ma montre à Jimmy. Il releva alors ses lunettes pour observer plus attentivement la machine.

— Hmm…

— Tu vois, il ne marche plus, il a fondu.

Je pointai du doigt le problème, puis retirai brusquement mon bras, indiquant que l’inspection était terminée. Mais, Jimmy fut plus rapide, et attrapa ma main. Il se pencha un peu plus sur mon Altereur.

— Hmm… Je crois qu’il est réparable !

— SE… SÉRIEUSEMENT !

Le cœur rempli de joie, je sautai presque sur Jimmy, mais il calma mes ardeurs en se protégeant.

— Oui ! Oui ! Mais, il me faut ton Altereur.

Sans attendre, je détachai ma montre de mon poignet, et je lui tendis. Il tourna son fauteuil et la posa sur la table en face de lui.

— Oui, c’est juste le cadran qui a pris un coup.

Il tourna sa tête tout sourire.

— Il suffit de le remplacer. J’ai fait cette réparation une centaine de fois.

— Je vois !

Les yeux brillants, je le regardai avec admiration.

— Tu as besoin de quelque chose ? De l’eau ? D’un tournevis ?

J’insistai lourdement. Jimmy répondit par un sourire gêné.

— Tu… Tu as toujours l’autre Altereur ?

— Oui !

Je sortis l’Altereur de Daniel et le posai sur le bureau. Je savais bien que le laisser sur son corps aurait été une mauvaise idée. J’étais content de l’avoir fait, même si ça voulait dire recevoir le regard accusateur de ma sœur pendant un moment.

En parlant d’elle, je me demandais bien ce qu’elle faisait. Depuis que le groupe électrogène fonctionnait, elle et le reste de la bande étaient partis.

Heureusement, nous avions vite rechargé les cartouches. Réunir des télévisions, et des consoles opérationnelles avait été relativement facile.

Le plus embêtant avait été le transport des consoles de jeux vidéo. C’est dingue ! Mais à chaque génération elles gagnent en poids, comme en puissance. Après ça, je ne sentais plus mes bras.

Par contre, ma sœur et Debora ont eu la chance de porter les télévisions. Ce n’était pas très dur, il suffisait de rouler les écrans et de tenir le cadre de l’autre main.

— C’est bon ! Ça devrait aller. Il ne reste plus qu’à l’allumer.

Jimmy me tendit fièrement mon Altereur. Il était maintenant habillé d’un cadre blanc, ça faisait un peu tache vu qu’il était normalement entièrement vert. Je regrettais de ne pas avoir l’imprimante 3D de ma sœur à porter de main. Si j’étais à la maison, je me serais empressé de faire un nouveau cadre.

Cette technologie était vraiment incroyable. Il était rare qu’un foyer n’en ait pas un. Il servait autant à créer qu’à réparer un élément. Certains étaient même utilisés pour la cuisine et la pâtisserie.

Kate adorait utiliser l’imprimante pour faire des décorations en sucre et en chocolat. Par contre, elle en mettait partout. Même si c’était une machine qui façonnait le chocolat, Kate se retrouvait toujours avec des taches. À se demander, qui était celui qui pâtissait le plus entre elle et l’appareil.

J’observai mon Altereur. Le cadre avait l’air de bien tenir, c’était du très bon travail. Pour l’allumer, rien de compliquer, il suffisait d’appuyer sur un bouton et de poser mon pouce sur l’écran pour le déverrouiller.

Mais rien ne se passa. J’avais beau appuyer encore et encore, la fenêtre holographique n’apparut pas. Plus le temps passé, plus je commençais à paniquer. Désespéré, je fixai Jimmy, qui était tout aussi perdu.

— Il devrait normalement s’allumer… Marmonna Jimmy.

À ce moment, de terribles pensées me traversèrent l’esprit.

Je ne pourrais plus jouer. J’avais tout perdu.

Mes armes !

Mes sauvegardes !

Mon score !

En plus, je ne pourrais plus aider ma sœur…

— VEUILLEZ VOUS IDENTIFIER !

Après quelques minutes, une voix numérique sortit de mon Altereur. Sur le coup, je tombai à genoux, soulagé de voir l’écran holographique. Il s’était allumé. Il marchait.

J’imposai rapidement mon empreinte digitale sur le cadre pour m’identifier. L’écran changea de couleur affirmant qu’il m’avait reconnu.

— BIENVENUE VICK ! UN PROBLÈME DE DÉMARRAGE A EU LIEU ! DIAGNOSTIC EN COURS…

Toujours par terre, j’offris mon plus beau sourire à Jimmy qui me le renvoya. Nous étions tous les deux satisfaits du résultat.

Après plusieurs minutes, mon Altereur remarcha comme avant. Il n’y avait eu aucune perte de mémoire ni de vitesse. Il ne me restait plus qu’à recharger mes cartouches.

C’est alors que j’eu une idée. Je me relevai soudainement et me rapprochai de Jimmy les yeux pétillant d’excitation.

— Dit ! Tu ne pourrais pas modifier les sauvegardes pour qu’on ait des munitions infinies ?

Étonné par ma question, un des sourcils de Jimmy se leva.

— Tu veux dire modifier le code interne des jeux ?

Je secouai ma tête de haut en bas.

— Oui ! Tu peux aussi le faire sur les Altereurs, c’est toi qui vois !

Soudainement, Jimmy se mit à rire.

— Je suis désolé ! Mais je ne peux pas toucher aux Altereurs. En plus, de ne pas avoir les matériaux nécessaires, le langage interne est codé dans certaines sections, voire totalement verrouillé.

Je le regardai perplexe.

— Je vois… Et pour les cartouches.

Jimmy me fit un sourire maladroit.

— Les Altereurs ne font pas que lire les cartouches. On ne peut pas transformer un jeu 2D en trois dimensions. Les jeux sont avant tout dans une base de données. La cartouche sert juste de clé…

Je soupirai et baissai les yeux.

— En clair, tu ne peux pas le faire.

Jimmy acquiesça.

Je vois, c’est assez logique. Ça veut donc dire que dès qu’on déverrouille une arme ou qu’on évolue dans le jeu, la cartouche créait de nouvelles clés qui activent le tout. C’est assez malin. Le créateur de l’Altereur a vraiment pensé à tout.

J’avais lu dans plusieurs articles que de nombreux hackers et entreprise avaient tenté de voler la technologie des Altereurs. Sans résultat jusque-là.

Dommage ! J’aurais tellement voulu cheater avec.

— Ce n’est pas que je m’ennuie Vick, mais je dois retourner à mon travail.

Jimmy commença à mettre une cartouche dans une console. Sa mission actuellement était de recharger toutes les cartouches, même ceux qui ne sortaient pas de la banque.

Il avait aussi un autre boulot, faire progresser les sauvegardes. Dans certains jeux, plus on avance dans l’histoire, plus on débloque de pouvoirs ou d’armes. Aucun de nous n’avait le temps de jouer, du moins ceux qui allaient dehors. Jimmy avait donc cette tâche, en plus de réparer les Altereurs.

Ma sœur était une des rares qui avait refusé. Je la connaissais assez pour savoir qu’elle ne voulait pas qu’on touche à sa sauvegarde. Elle aimait jouer, même si elle n’était pas de mon niveau. J’allais sûrement la retrouver un de ces quatre sur une des consoles.

Je levai les yeux au ciel, réfléchissant à ce que je pouvais faire pour le moment. J’avais beau me retourner le cerveau dans tous les sens, une seule option m’apparue. J’avais largement du temps devant moi, et mon Altereur était comme neuf.

Un sourire se dessina sur mon visage. C’est le bon moment pour gagner en puissance et prendre de l’avance sur les autres.

En plus, j’avais un nouveau jeu à commencer.

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Alter Reality Chap.13 : Un besoin d’energie P.3

Voici le chapitre 13 du tome 1 de mon Light Novel Alter Reality.
Toutes les semaines, un chapitre sera posté. N’hésitez pas à donner votre avis.


Il y a un instant, l’enthousiasme de Debora était colossal. Mais, dès que nous retournâmes à l’intérieur du parking, elle se tue. Elle s’était certainement souvenue de l’existence de « La belle au bois dormant » remanié façon monde des dragons. Notre cher dormeur était toujours là, ronflant paisiblement et ignorant notre présence.

Alex et Jim poussaient doucement le groupe électrogène. Par moments, Debora, Vick ou moi allions les aider, en soulevant l’appareil. Malheureusement, il n’était ni tout terrain ni waterproof. Ce qui nous obligeait à éviter les flaques de sang.

Après de nombreux efforts, nous avions fait plus de la moitié du chemin sans même réveiller la bête. La suite semblait être toute tracée. Du moins, ça aurait dû être le cas.

Soudainement, des rugissements résonnèrent, comme des cors de guerre. Des Laggis sortirent des gravats, des trous ou encore des conduits d’aération. Cette masse violette n’était pas là pour nous, car elle se dirigea vers le dragon gris.

Le troupeau de carnivores se jeta, gueules ouvertes, contre leur ennemi. Les Laggis le mordaient avec rage, comme s’ils avaient soif de vengeance. Ces attaques incessantes réveillèrent la bête.

Celle-ci se releva, déployant ses ailes tout en criant de rage. Cette tentative d’intimidation ne marchant pas. Les Laggis étaient au contraire encore plus stimulés.

Pour se défendre, le dragon donna plusieurs coups de patte et de queue. Mais il avait beau tuer une dizaine de Laggi par attaque, ceux-ci revenaient tels des parasites.

Devant ce violent combat, nous restions bouche bée, ne pouvant que regarder. C’était Alex qui fut le premier à revenir du choc.

— Il faut avancer !

De sa voix grave, il nous interpella, nous réveillant de notre torpeur. Notre groupe continua donc d’avancer. Par moments, des débris sautaient vers nous, mais heureusement ils tombaient au sol avant de nous atteindre. Il fallait quand même faire vite, car deux colonnes avaient déjà été rayées de la carte par la queue massive du monstre gris.

Si le monde était bien fait, nous serions déjà devant la porte. Ce qui n’était pas le cas. Une des roues du groupe électrogène eut l’excellente idée de se coincer pile à ce moment précis.

Alex et Jim eurent beau pousser de toute leur force, la machine tenait bon, bien déterminée à rester en place. Mon premier réflexe a été de les rejoindre, mais un Laggi me dépassa prêt à sauter sur Jim. Je m’interposai en donnant un vif coup d’épée blessant une des pattes de la bête. Ainsi à terre, je l’achevai. Son cri d’agonie rameuta quelques-uns de ses compagnons.

Comparés à l’amas de reptiles, ceux qui nous attaquaient n’étaient qu’une poignée. Toutefois, il était assez nombreux pour être une menace. En plus de déloger la roue, il fallait nous protéger.

— William, va les aider ! Debora, Vick, avec moi, nous allons les protéger !

— Ok !

Désespérée, je décidai de prendre le commandement. À ma directive, William courut vers l’appareil et tenta d’aider. Quant à Vick et Debora, ils se mirent à débarrasser le terrain des reptiles avec moi.

Alors que nous étions concentrés sur notre défense, le dragon se mit à hurler si fort que les murs tremblaient. Il frappa le sol avec ses pattes, puis changea de position. Il se releva, révélant son ventre recouvert de côtes. Ses deux pattes avant faisaient maintenant office de bras. En un instant, il était passé à d’un dragon à un centaure reptilien.

Dans cette posture, je compris que ses côtes étaient des dents. La plaie béante sur son torse était en fait une gigantesque bouche. Ce qui expliquerait pourquoi sa tête était si minuscule par rapport à son corps. Elle était tout simplement un leurre.

Après cette transformation, le dragon semblait avoir gagné en puissance, car il se mit à anéantir les Laggi par poignée. Il les prenait avec ses mains et les dévorait goulûment avec sa bouche de requin. Parfois, il sautait, flottant pendant un labs de temps grâce à ses ailes. Puis, il se laissait tomber lourdement sur le sol, écrasant d’un coup les Laggis.

Ces cabrioles répétées affaiblissaient la structure du bâtiment. S’il continuait ainsi, le plafond allait nous tomber dessus. Il fallait partir d’ici et vite. Entre deux coups de lames, je jetai un coup d’œil vers la machine. Elle n’était pas encore décoincée. Alex, Jim et William faisaient tout leur possible.

À la fin, j’abandonnai mon poste pour courir vers eux et les aidai à soulever le groupe électrogène.

— Je vais les aider, je vous laisse le reste !

Debora et Vick grimacèrent, mais continuèrent de combattre. Pendant ce temps, je pris un des bords de la machine et utilisai toutes mes forces pour la soulever et la pousser en avant.

Alex baissa ses yeux pour regarder la roue et cria de joie.

— C’est bon, c’est sorti !

Aussitôt, je relâchai ma prise et retournai vers mon frère et Debora. Le reste du groupe continua ce qui était prévu à la base, c’est-à-dire atteindre cette fichue porte.

Je balançai mes bras dans toutes les directions, coupant le plus de lézards possible. Mon regard ne pouvait pas se détacher du dragon gris. Cette horreur de film gore mangeait maintenant la masse de cadavres à ses pieds pour récupérer ses forces. En voyant son corps immonde et sa puissance, je me dis que nous avions de la chance d’être insignifiants pour lui. Nous n’aurions jamais eu la capacité de le battre.

Jim nous fit signe de la main.

— Eh ! On y va !

Il tenait la porte entrouverte, la machine n’était plus là, ainsi qu’Alex et William. Je soupirai de soulagement et me dirigeai vers eux. Quand un hurlement déchirant retentit.

C’était le dragon qui partageait sa haine. Puis, il fut pris de spasme, et cracha des glaires jaunes. Dès qu’une atteignait le sol, elle se rependit, faisant fondre tout sur son passage. C’était de l’acide.

Fou de rage, le dragon ne distinguait plus ses ennemis, attaquant entièrement l’endroit avec son acide. Alors que je courais, je vis plusieurs boules jaunes atterrir pas loin de moi. Un faux mouvement pouvait me coûter une jambe ou pire encore.

C’est alors que j’atteignais enfin la porte. Je me retournai pour voir où en étaient Debora et Vick. Je constatai que Debora n’était pas très loin de moi.

Par contre, Vick m’inquiétait. Il était plus en arrière. Il était obligé de zigzaguer pour éviter les attaques d’acide.

— Vick ! Vick ! Dépêche-toi !

Désespérée, je criai son nom. À ce moment, Debora me rejoignit, je lui fis signe de rentrer dans le couloir. Je fixais toujours mon frère, prête à intervenir.

Mais qu’est-ce que je pouvais faire pour lui ?

Je ne pouvais pas courir à sa place ?

Je ne pouvais que serrer mon poing d’inquiétude. C’est alors qu’une boule gluante atterrit à quelques mètres de Vick. À cause du choc, des grosses gouttes d’acide sautèrent dans sa direction. Par réflexe, Vick se protégea avec son bras et hurla de douleur. Toutefois, il courait toujours.

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Il réussit à me rejoindre. Je le pris aussitôt par la main et le tirai vers moi. De l’autre côté de la porte, je regardai l’état de son bras.

— Tu as mal quelque part ?

Je m’imaginais déjà sa peau brûlée jusqu’à l’os.

N’avais-je pas vu des cadavres entièrement fondus ?

C’était un miracle que sa main soit encore attachée à son corps.

— Non, je n’ai rien. C’est bizarre…

Une pensée me traversa. Peut-être que ses nerfs avaient été touchés. Pourtant j’avais beau retourner son bras, de le regarder de haut en bas, je ne vis rien. Aucun vêtement brûlé ni aucune peau à vif. Rien.

C’est alors que je vis l’endroit où l’acide avait atterri. Je pointai du doigt la montre de mon frère.

— Ton Altereur…

L’encadrement vert, qui sert à projeter l’interface, était entièrement fondu. À cette vue, les yeux de Vick devinrent ronds de surprise.

— NON ! MON ALTEREUR !!!

Il retira son bras de ma prise, et regarda son Altereur avec des yeux tristes.

— NON ! NON !

Il tapait du pied d’exaspération.

— C’est bon, tu t’énerveras plus tard.

À ces mots, il me regarda froidement, outré par mon manque de considération. Mais il ne dit rien, suivant le groupe en pleurnichant tout en fixant son Altereur. Je savais qu’il aimait beaucoup sa machine, mais au moins maintenant j’avais une excuse fiable pour qu’il ne participe plus aux excursions.

Pour le reste, nous sommes arrivées sans encombre à l’extérieur. À notre sortie, nous avons entendu des gémissements horribles. Je jurais avoir vu l’hôpital trembler, comme s’il allait s’écrouler. Nous ne voulions pas voir la suite, préférant repartir vers la banque.

Il restait à savoir si notre groupe électrogène marchait et si nous aurions le matériel nécessaire pour recharger nos Altereurs.

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Alter Reality Chap.11 : Un besoin d’energie P.1

Voici le chapitre 11 du tome 1 de mon Light Novel Alter Reality.
Toutes les semaines, un chapitre sera posté. N’hésitez pas à donner votre avis.


Kate – La salle à manger de la banque

Après cette aventure, nous nous étions retrouvés dans la salle à manger de la banque. Une petite pièce qui prenait place entre les bureaux des employés, et derrière le grand comptoir. Elle était plutôt simple avec deux tables entourées de chaises, des placards, un évier et un four à micro-ondes inutile, vu qu’il n’y avait plus d’électricité.

Ce lieu n’avait rien de ragoûtant, pourtant nous savourions nos plats avec plaisir. C’était un peu notre récompense, après cette journée.

Ainsi, je mangeais une salade de pâtes encore fraîche. J’appréciais chaque bouchée, sachant que je ne pourrais pas en déguster une autre avant un bon moment.

Un sandwich en main, Debora ferma les yeux de satisfaction.

— Ça fait tellement du bien de manger à sa faim.

Vick en profita pour ouvrir une canette de soda et en prit une grosse gorgée.

— Je suis d’accord.

Alex fixa un point dans le vide, s’imaginant sûrement déguster un bon gros morceau de viande.

— Personnellement, la viande me manque. Je suis contente de manger ce que j’ai, il ne faut pas croire. Mais un bon steak !

Debora rigola.

— Arrête ! Ne me dis pas ça. Ça ne fait que quelques jours… On dirait un drogué.

Alex fit la moue.

— J’ai besoin de protéine, moi…

Jim mâchouilla un morceau de jambon sec, regardant les placards remplis de boîtes de conserve comme un pirate devant son coffre au trésor.

— Au moins, nous avons de quoi manger pour tout le monde.

La tête et les épaules baissées, Tam parla d’une petite voix.

— J’aurais tellement voulu y être.

Alex tapota doucement l’épaule de Tam.

— Ne sois pas déçu, tu viendra la prochaine fois.

— Allez courage !

Je ne dis rien à cette remarque, ne préférant pas décourager le jeune garçon. Personnellement, je souhaitais qu’il ne vienne pas. Dans le groupe, certains étaient jeunes, mais lui était clairement un enfant. Je ne ferais jamais la bêtise de l’envoyer au front. Il avait déjà subi un traumatisme, ce n’était pas la peine de lui en rajouter un autre.

William entrouvrit la porte et rentra dans la salle.

— C’est bon, tout le monde est nourri !

Il prit alors une salade et commença à manger sans un autre mot.

— Il n’y a pas eu de problème ?

Entre deux coups de fourchette, William daigna lever sa tête pour me répondre.

— Question stupide ! Personne n’aurait refusé un repas, même s’il était mauvais.

Debora fait mine de frissonner au sérieux de William.

— Tellement froid.

J’ignorais la provocation de cet homme.

Je me réjouissais que les survivants puissent manger à leur faim. Au moins, nous n’étions pas partis en expédition pour rien.

Toutefois, une pensée tournait encore et encore dans ma tête depuis notre retour. Les munitions…

J’avais vraiment un mauvais pressentiment à leur sujet. Nous n’avions pas de consoles pour recharger, et encore moins d’électricité pour faire marcher le tout.

En plus, même si nous avions de quoi alimenter les machines, marcheraient-elles ?

Ma voiture avait bien cessé de fonctionner soudainement. Peut-être que c’était le cas avec tous les appareils électriques… Sauf les Altereurs.

C’était vraiment bizarre.

— Kate !

— Oh ! Kate !

D’un coup, une main apparut devant moi.

— Oui ! Quoi !

Affolée, je constatai que tout le monde me dévisageait.

— Ça fait plus de deux minutes que tu regardes dans le vide, ta fourchette en l’air. Il y a un problème ?

Inquiet, Alex me fixa. Je souris.

— Ah ! Désolée, j’étais perdue dans mes pensées.

Vick me fit un clin d’œil.

— Si tu penses à la date butoir de ton boulot. Je suis désolé de te le dire, tu l’as dépassé depuis un moment.

— Non ! Je pensais aux munitions.

Le visage de Vick se figea.

— Ah !

— Je ne sais pas où on pourrait se fournir en consoles et en électricité. J’ai beau réfléchir…

Vick leva un doigt en l’air, tout en prenant une gorgée de sa boisson.

— Pour les consoles, c’est facile, il suffit de trouver un magasin de jeux. Il y en a partout.

— Mais même, il faut les alimenter, et elles risquent sûrement de ne pas marcher. La preuve, plus aucun appareil ne démarre.

Tout le monde acquiesça.

— C’est vrai ! Mais…

Vick fixa le plafond, ne finissant pas sa phrase. Il avait l’air de réfléchir au problème.

— L’électricité et les consoles, ce n’est pas un problème !

Une voix apparue derrière moi. Surprise, je sursautai, et me retournai. Je vis Jimmy dans l’encadrement de la porte, essayant de rentrer avec son fauteuil. Par réflexe, je me levai et bougeai ma chaise, pour lui permettre de passer.

— Merci !

Il me salua avec un sourire et avança.

William ouvrit sa bouche, les yeux remplis de méfiance.

— Qu’est-ce que tu veux dire par là ?

Jimmy répondit à William le sourire aux lèvres, ne faisant pas attention à son ton désagréable.

— Je veux dire que ces deux éléments ne sont pas durs à se fournir. C’est même relativement facile.

— Mais les consoles doivent être mortes ?

À ma question, Jimmy me fit non de la tête.

— Connaissez-vous le terme IUM ?

Confus, tout le monde regardait son voisin en quête de réponse. Seul Vick leva la main en gigotant sur son siège, comme un élève voulant être interrogé par un professeur. Jimmy en voyant ça laissa la parole à mon frère.

— C’est une impulsion électromagnétique, connue pour créer une émission d’ondes qui peuvent détruire les appareils électriques et électroniques.

Satisfait de la réponse, Jimmy applaudit brièvement Vick.

— Exacte !

Je levai un sourcil de surprise.

— Comment connais-tu ça, toi ?

— C’est une « excuse » souvent utilisée dans les scénarios de jeu vidéo. Cette onde existe, mais il faudrait qu’elle soit d’une puissance phénoménale pour toucher une ville entière comme la nôtre. C’est pour ça que l’idée de l’utiliser comme arme a été abandonnée.

Jimmy ferma les yeux et acquiesça au mot de Vick.

— Oui, en théorie. Pourtant c’est bien ça qui nous a frappé de plein fouet.

Mon frère cligna plusieurs fois des yeux.

— Sérieusement !!!!!

Vick cria d’étonnement.

— Je ne sais pas encore comment, mais c’est bien un IUM qui a paralysé la ville, la preuve.

Il montra son Altereur.

Alex, le regard perdu, fixa la montre.

— Je ne te suis plus là…

— Les Altereurs marchent encore. N’est-ce pas ?

Nous hochâmes nos têtes.

— Savez-vous que le créateur des Altereurs a mis un système pour contrer ces ondes.

Je bafouillai et m’assis sur une chaise.

— Tu veux dire, que…

— Je ne sais pas s’il avait prévu le coup ou s’il était parano. Mais c’est un fait. Ses Altereurs ne peuvent pas subir d’IUM contrairement aux autres machines.

Jim, les bras croisés, fixa Jimmy.

— D’accord, je comprends. Mais c’est quoi, le rapport avec les munitions ?

— Les IUM n’affectent que les objets avec une batterie fonctionnelle ou branchée à une source d’électricité. Certains matériaux protègent aussi de ces ondes.

Vick se leva comme s’il avait eu une illumination.

— Attends, tu veux dire que les consoles et les écrans, non alimentés et encore emballés, marchent encore ?

Jimmy sourit.

— Oui, c’est ça.

Mon visage se décontracta, je ne pouvais pas m’empêcher de sourire bêtement.

— Mais l’électricité ?

Une seule question de William me fit redescendre sur terre. La chute était dure. Nous n’étions pas encore sortis d’affaire.

— Il existe bien des groupes électrogènes !

Personne ne dit plus rien, attendant la suite. Si j’étais Jimmy, je me serais sentie oppressée par tant de regards posés sur moi.

— Les hôpitaux en détiennent dans leur sous-sol, ils sont souvent stockés derrière des murs en plomb, un matériau que les ondes ne peuvent pas traverser. En plus en étant sous terre, ils ont encore plus de chance de fonctionner.

Les mains sur la table, les épaules crispées, je fixai Jimmy.

— Tu… Tu veux dire que le problème des munitions est réglé.

— Oui ! Il suffit de chercher le matériel et c’est bon.

Soulagée, je soupirai et laissai tomber mon corps en arrière, percutant le dossier de la chaise de plein fouet.

— Mais comment sais-tu ça ?

Déconcerté Vick posa cette question. En réponse, Jimmy lui sourit gentiment.

— J’ai travaillé sur les Altereurs !

— QUOI !

Devant cette révélation, tout le monde se leva.

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Alter Reality Chap.10 : Les condamnés p.2

Voici le chapitre 10 du tome 1 de mon Light Novel Alter Reality.
Toutes les semaines, un chapitre sera posté. N’hésitez pas à donner votre avis.

Vous pouvez lire les chapitres précédents ici :
Chapitre 1 – Catastrophe p.1
Chapitre 2 – Catastrophe p.2
Chapitre 3 – Rescapé p.1
Chapitre 4 – Rescapé p.2
Chapitre 5 – Rescapé p.3
Chapitre 6 – Appétit Jurassic p.1
Chapitre 7 – Appétit Jurassic p.2
Chapitre 8 – Appétit Jurassic p.3
Chapitre 9 : Les condamnés p.1

En chemin, nous entendîmes plusieurs jappements. Curieux, nous nous avançâmes discrètement vers le bruit. Nous vîmes alors un spectacle choquant.

Voir un attroupement de Laggi qui grognaient tel des chiots n’avait rien d’horrible en soi. C’était plutôt la chose autour de laquelle ils étaient en train de s’amasser, qui était douloureuse à regarder.

Des hommes et des femmes, cinq personnes au total, étaient suspendus en l’air contre la paroi d’un immeuble à moitié écroulé. Les victimes étaient attachées avec du scotch gris contre des barres en fer qui dépassaient de la structure.

La façon dont ils étaient positionnés était assez bizarre. De loin, on aurait dit des épouvantails. Leurs bouches étaient obstruées, ce qui les empêchait de crier leur détresse. Ils ne pouvaient que regarder, impuissants, les Laggi s’agitaient en dessous d’eux.

En voyant cette horde de reptiles, je me demandais si c’étaient ceux que nous avions combattus récemment ou un autre groupe.

Avaient-ils aussi avec eux un mâle alpha ? Je ne l’espérai pas.

Mais ce que j’aimerais vraiment savoir, c’est : qui avait fait ça ?

Qui avait eu l’idée dérangeante de suspendre ces gens ?

De les laisser à la merci de ces créatures ?

Et pourquoi ?

Pensif, je sursautai au contact d’une main sur mon épaule. C’était Alex. Il approcha doucement son visage au niveau de mon oreille.

— Qu’est-ce qu’on fait ?

Je jetai de nouveau un coup d’œil vers les prisonniers. La meute, qui les encerclait, était bien plus puissante que nous. Nous étions six, ils étaient une quarantaine. Nous n’avions évidemment pas la capacité de les battre. Mais…

Je ne voulais pas laisser ces pauvres gens à leur sort. Personne ne mérite de mourir en étant dévoré vivant.

Déterminée, je fixai Alex.

— J’aimerais vraiment les sauver !

Alex acquiesça. Il se tourna vers les autres et leur murmura son projet. Dans l’ensemble, tout le monde était d’accord. Personne ne voulait les abandonner.

— Bon, comment fait-on ?

Vick fixa légèrement les Laggi et continua.

— Ils sont vachement nombreux…

Alex soupira.

— Je sais… En plus, on ne peut pas laisser les provisions sans surveillance.

À ces mots, tout le monde regarda les sacs remplis de nourritures.

— Le mieux, c’est de laisser deux personnes ici, pendant que les autres partent en mission sauvetage. Non ?

Le regard de Vick se refroidit.

— Tu veux qu’on ne soit que quatre contre ces monstres ?

— Je suis d’accord avec Vick, une personne pour surveiller les sacs serait mieux.

Alex prit la parole tout en me regardant droit dans les yeux. Je fronçai les sourcils, en fait j’aurais voulu que Vick et Jim restent en retrait. Ils étaient jeunes, ils n’avaient pas à se mettre en danger. Mais, si j’avais dit le fond de ma pensée, je sais que Vick m’aurait fait toute une scène.

— Ok, Jim, tu restes ici avec la nourriture. Les autres, armez vos Altereurs…

Sans attendre, Alex proposa un plan d’action.

— On va contourner les Laggi et passer derrière le mur, j’espère juste qu’il y a encore un escalier pour monter, sinon on les sauvera par la force, ok ?

Vick, Jim, Debora, William et moi-même approuvâmes. Aussitôt, j’armai mon Altereur avec ma puce Monster Killer. Mes deux fidèles lames apparurent dans mes mains.

— En avant !

Nous empruntâmes la ruelle adjacente, laissant derrière nous Jim. Nous avançâmes discrètement au niveau du bâtiment. Par chance, les reptiles étaient trop occupés à dévorer des yeux leurs proies pour nous remarquer.

Cet immeuble était vraiment en sale état, rien qu’en le regardant, je me rappelais des photos venant de mes manuels d’histoire/géo du lycée. On aurait dit qu’il avait été bombardé par un avion de chasse de la Seconde Guerre mondiale. Il ne restait que les quatre murs principaux, la structure intérieure et les plafonds avaient complètement disparu. Il ne subsistait qu’un escalier de béton, qui s’accrochait aux parois, comme un cafard à un mur.

Je donnais un coup d’épaule à Alex et lui désignais l’escalier.

— Il semble aller jusqu’aux victimes.

Alex acquiesça. Arrivé au niveau de la première marche, Alex commença à monter. Mais à peine avait-il fait deux pas que l’escalier s’effrita.

— Merde.

Contrarié, il descendit.

— On ne pourra pas y aller à plusieurs, sinon ça va s’effondrer sous notre poid.

William qui était en retrait se rapprocha de moi.

— Tu devrais y aller, alors !

— Quoi ?

Je le fixai. Son ton était vraiment arrogant, comme s’il m’avait donné un ordre.

— D’après ce que je vois, tu es sûrement la plus petite et la plus légère du groupe.

Je fis la moue, un peu contrariée par le mot « petite ». Je détestais ma taille, surtout depuis que mon frère m’avait dépassée. J’étais supposée être la grande sœur, pas la petite.

— Ok… J’y vais…

Je me tournai une dernière fois vers le groupe avant de monter l’escalier.

— Je vais essayer de faire descendre les victimes d’ici, mais si je n’ai pas assez de force… En plus avec l’escalier… Il faudra peut-être quelqu’un pour les réceptionner en bas.

— Ne t’inquiète pas !

Alex me sourit, me rassurant un peu. Je sais que je pouvais lui faire confiance pour ça. Je repris ma route, quand je sentis Vick me prendre par le bras.

— Eh ! Tu auras besoin de ça pour les détacher.

Vick me tendit un couteau de survie à la lame noire. Mon frère possédait cette arme depuis des années. Il l’avait trouvé un jour en se baladant. Il ne s’en était jamais débarrassé. Je la tolérais seulement, car je considérais qu’elle servait à sa protection. Je la pris sans poser de question et montais jusqu’en haut. Entre-temps, j’avais rangé mes deux épées, de peur qu’elles ne m’alourdissent.

Arrivée en haut, je sortis ma tête par une des fenêtres, pour voir si j’étais au niveau d’un des prisonniers. En me voyant, une des personnes se mit à gémir.

— Ne vous inquiétez pas, je suis là pour vous sauver.

Je regardai plus attentivement comment ils étaient attachés. C’était impensable qu’une seule personne ait pu faire ça. C’était sûrement un groupe entier de dégénérés qui avait fait cette mascarade. J’espérais qu’ils n’étaient pas dans le coin en train de savourer le spectacle.

Je sortis le couteau. Puis je tendis le bras pour découper le scotch qui maintenait la tête et la bouche fermée d’une femme. Ainsi libérée, la prisonnière soulagée se mit à renifler et pleurer à grosse larme.

— C’est bientôt fini ! Je vais vous sortir de là.

Je détachais sa main la plus proche de moi. Puis, je lui tendis la lame pour qu’elle se libère d’elle-même l’autre main. Soudainement, elle perdit l’équilibre tombant en avant. Par réflexe, je plaquai son corps contre le mur. Si je n’avais pas réagi à temps, elle se serait retrouvée suspendue par les pieds.

— Merci.

La jeune femme me sourit timidement.

— Redonnez-moi le couteau, je vais libérer vos pieds, et vous hisser.

Je tendis mon bras vers elle. Elle me dévisagea avec un air angoissé.

— Ne vous inquiétez pas, au pire ils seront là pour vous rattraper.

Je pointai du doigt mon groupe d’amis, qui se trouvaient en retrait, prêt à agir au moindre signe de ma part. J’avais beau sourire, ses yeux étaient toujours aussi terrifiés. Elle me donna néanmoins le couteau.

L’arme en main, je descendis de quelques marches, pour voir dépasser d’une fenêtre des pieds. Je sortis ma tête dehors et tordis mon bras pour couper les liens.

— Tenez-vous au mur, j’arrive.

Rapidement, je remontai, et attrapai l’épaule de la femme. Elle respirait de plus en plus fort, jetant des coups d’œil vers le bas. Les Laggi commençaient sérieusement à s’énerver, ils semblaient tenter d’escalader la paroi.

Cette agitation commençait à faire paniquer les autres prisonniers, qui étaient jusque-là relativement calmes. Celui à ma droite essayait même de se détacher par la force.

— Calmez-vous !

Tout en tenant la femme, je tentai de le rassurer. Mais il continua à bouger de gauche à droite, au point de faire se désagréger le mur. À mon tour, je commençais à m’alarmer, surtout quand je vis de grandes fissures apparaître.

Le mur était en train de s’écrouler et le fait que tout le monde se tortille, comme des asticots, n’arrangeait rien. La panique était en train de me gagner. Chargée à bloc d’adrénaline, j’eus assez de force pour ramener la femme de l’autre côté de la fenêtre.

— Vite, descendez, ça va s’écrouler.

La survivante ne se fit pas prier et couru en bas tout en hurlant de terreur. Quant à moi, je tentai de détacher la main d’un des prisonniers. Mais, je m’arrêtai net, quand je sentis une des marches se dérober sous mes pieds.

Il fallait que je parte, sans quoi, j’allais être enterré vivante.

Mais… Je ne pouvais pas laisser ces gens mourir ici ? Si ?

— Kate !

J’entendis Vick m’appeler. Je constatai alors leur situation, le groupe était actuellement en pleine bataille avec les Laggis, qui les avaient repérés à cause des cris de la femme. Ils semblaient en grande difficulté.

Je devais faire un choix…

— Je suis désolé…

Je murmurai mes excuses et descendis les marches quatre à quatre. Je sentis que le sol se faisait plus mou au fur et à mesure de mes pas.

Le mur s’écroulait. Il était vraiment en train de tomber.

J’entendais les hurlements sourds des prisonniers, ainsi que les briques en pierre qui s’écrasaient au sol.

— Courez ! Partez ! Ça s’effondre !

Entre deux respirations, je criai de toutes mes forces, priant que ma voix soit entendue avec tout ce boucan.

Par je ne sais quel miracle, je pus atteindre le sol. Mais je continuai de courir par peur de recevoir des morceaux de pierre. Je remarquai que le groupe avait aussi rejoint ma course, ainsi que quelques carnivores.

Après un dernier grand vacarme, le silence se fit. Seul l’énorme nuage de poussière était encore là pour témoigner de l’existence du bâtiment.

Dans sa chute, le mur avait emporté de nombreuses vies, des humains, mais aussi des Laggi. Les reptiles survivants étaient dispersés autour de nous. Ils n’avaient pas l’air bouleversé par la mort de leurs camarades, préférant nous observer avec convoitise.

— Tout le monde est là ?

La main sur la bouche, les yeux mis clos, j’essayais de voir si tout le monde était vivant dans cette purée de pois.

— Kate, je suis là !

— Ici !

— Encore vivant !

Plusieurs voix s’élevaient, ainsi que plusieurs grognements, qui se rapprochèrent dangereusement. J’activai de nouveau mon jeu Monster Killer, faisant apparaître mes armes. Cette fois, j’allais pouvoir contre-attaquer.

Alors que la poussière se dispersait, je distinguai les silhouettes de mes alliés et de mes ennemis. Sans aucun mot, nous nous rapprochâmes les uns des autres. Je vis que Debora tenait la femme par le bras, l’aidant à marcher.

Nous n’étions plus qu’à quelques mètres les uns des autres. On aurait une scène classique dans un film au Far West, quand les gentils se retrouvent dos à dos pour combattre des bandits.

— On n’a pas le choix, il faut se faire un passage !

La voix d’Alex était forte, mais calme. Il pointa du doigt l’endroit d’où nous venions. Sans un mot, tout le monde courut, en abattant sur leur passage plusieurs Laggi. Étant prises au dépourvu, les bêtes ne purent réagir à temps. Cette hésitation nous permit de nous frayer un chemin jusqu’à notre point de rendez-vous avec Jim.

Nous étions épuisés, sales, mais vivants. Essoufflée, je m’adossai contre un mur et glissai par terre. Je repensais au visage des hommes et des femmes que j’avais laissées derrière moi. Leur corps devait maintenant être enseveli sous un tas de débris. J’espérais juste qu’ils étaient morts sur le coup et qu’ils n’allaient pas agoniser pendant des heures, ou se faire dévorer.

Je regardai l’horizon, me demandant bien ce que j’aurais pu faire de plus. Je sais que je suis un humain. Je n’ai ni la capacité ni la formation pour sauver des vies.

Mais… Mais j’aurais tellement voulu tous les libérer.

Ma gorge se serra, je ne sais pas si j’avais envie de pleurer ou de crier. Mon esprit était confus. Je voulais que tout ça disparaisse. Je voulais rentrer chez moi… Être dans mon lit.

— Eh !

C’était William, il se tenait debout devant moi. Il était tellement grand, qu’il me cachait le soleil, ce qui le rendait encore plus imposant. Son regard en amande était sombre. Je sentais que j’allais subir les pires réprimandes de ma vie.

— Arrête de te morfondre, tu n’aurais rien pu faire…

Sèchement, il se retourna, me présentant son dos. Je le regardai s’éloigner, sans un mot.

M’avait-il fait une remarque ou m’avait-il remonté le moral ?

Je ne savais pas quoi penser de cet homme. Mais au moins, ces mots donnèrent un résultat. Je me relevai et rejoignis le groupe, le cœur moins lourd.

Il était temps de rentrer. En chemin, nous discutions avec la jeune femme. Elle s’appelait Kim, elle est, ou plutôt était, serveuse. D’après ces propos, elle a été attachée que par une seule et même personne.

Elle l’avait rencontré alors qu’elle était en danger. Cet homme l’avait aidé, avant de l’assommer. Elle ne sait pas comment il avait fait. Mais à son réveil, elle était accrochée, bâillonnée et entourée d’inconnus.

Malheureusement, elle n’a pas pu nous décrire son assaillant. Il avait des lunettes de soleil, un foulard et un bonnet, recouvrant entièrement son visage.

— Après, il ne faut pas qu’elle soit surprise…

Encore une fois, Vick sortit une de ces fameuses réflexions, tout en me faisant un clin d’œil. En réponse, je levai les yeux au ciel préférant l’ignorer.

Toutefois, il n’avait pas tort. Je sais que dans un monde apocalyptique, tout visage humain paraît rassurant. Mais elle aurait dû se méfier. Néanmoins, personne ne pouvait la blâmer, tout le monde aurait fait pareil.

Vu l’état actuel de la ville, il vaut mieux être plusieurs que seule. Moi-même j’aurais pu tomber dans un groupe de psychopathes. J’avais juste eu de la chance et encore, je ne connaissais rien des gens avec qui je marchais en ce moment.

— Je ne veux pas vous alarmer, mais, si vous voulez que je continue à carry le groupe, il va me falloir de nouvelles munitions, car je suis presque à sec.

Vick regarda son Altereur d’un air inquiet, tout en faisant glisser sur l’écran tactique son index de gauche à droite. À sa remarque, je regardai ma montre. J’avais de la chance que mes armes se rechargent seules, mais ce n’était pas le cas de tout le monde dans le groupe. Si nous n’avions plus de quoi nous défendre, nous ne ferions pas long feu.

— Carry ?

Alors que nous apercevions la banque au loin, Jim regarda Vick perplexe. Je souris, gênée.

— Ça veut dire, en gros, qu’il supporte à lui seul le groupe.

À ma réponse, Debora éclata de rire et frappa violemment le dos de Vick.

— C’est qu’il aime se vanter, le petit.

Vick prit son air satisfait et se mit en tête du groupe. En l’observant, je souris. Mais au fond de moi, je m’inquiétais. Il fallait absolument que nous réglions le problème des munitions, sans quoi ce serait la fin de notre histoire.

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